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Fiche détaillée

Rêve et Cauchemar


Par Ree Soesbee le 12 Aout 2011 sur le blog officiel



Les sylvaris sont la plus jeune race de Guild Wars 2 et se sont éveillés avec l'avènement d'une nouvelle ère en Tyrie. Ils ne sont peut-être pas familiers du monde qui les entoure, mais ils en ont rêvé et partagent un point de vue riche et fascinant qui les aide à avancer. Depuis le jour de son réveil, chaque sylvari se sent appelé à défendre la terre et à combattre les dragons ancestraux. Ils sont tous unis dans ce but derrière leur mère : l'Arbre clair.

Sous la brillante lumière du jour un pétale bougea. Une gousse s'ouvrit. Un sylvari en sortit, s'étira et fit son entrée dans le monde d'une démarche hésitante.

Les douze Premiers-nés, réunis par l'appel de leur mère, se tenaient immobiles afin d'accueillir leur nouveau frère. Ils avaient vécu tant d'années seuls, croyant être les seuls sylvaris qui existeraient jamais. Et maintenant l'éveil avait à nouveau commencé. D'autres gousses dans le jardin se balançaient lentement, prenant de l'ampleur mais n'étant pas encore prêtes à s'ouvrir. C'était la première floraison d'une nouvelle génération.

"Bienvenue, frère" l'accueillit Aife, toujours la première à avoir une question ou un sourire. Elle approcha de l'étranger, tenant un manteau afin qu'il puisse s'en couvrir.

"Nous connais-tu ?" intervint un autre. "As-tu rêvé de nous ?"

"Silence, Dagonet" intervint Aife coupant ainsi son ami trop empressé. "Tu vas l'effrayer." Elle se tourna à nouveau vers la jeune pousse et lui parla gentiment. "Tout comme toi, nous sommes sylvaris. Je m'appelle Aife, quel est ton nom ?"

"Nom ?" Le nouveau venu considéra la question quelques instants et finit par répondre "Cadeyrn." Mais son ton était incertain. Il pris le manteau et l'enfila sur ses épaules pour se protéger du soleil. "Quel est cet endroit ?"

Aife sourit et ébouriffa les cheveux du sylvari, envoyant de tendres feuilles de saule tournoyer sur ses épaules. "C'est le Bosquet. Et elle..." fit Aife avec un geste en direction du gigantesque arbre sous les branches duquel ils étaient réunis "... c'est l'Arbre clair. Notre mère. La tienne aussi."

Cadeyrn observa l'arbre avec curiosité, ne trouvant rien d'étrange dans l'explication. Hochant la tête il regarda Dagonet : "Oui, j'ai rêvé."

L'érudit s'illumina et attrapa un parchemin et une plume. "Raconte-moi ton rêve. J'ai étudié tous les nôtres, mais le tien sera le premier nouveau rêve que j'ai étudié depuis plusieurs années."

Restant droit, Cadeyrn lui sourit : "Le premier ?" Il regarda autour de lui les autres gousses, aucune ne s'étant éveillée jusqu'à présent. "Oui, je suis le premier, n'est-ce pas ?" Aucun de ceux présents dans mon rêve ne s'est éveillé. L'Arbre clair a dû vouloir me voir tout de suite. Elle savait que j'étais spécial" ajouta-t-il plein d'orgueil. "Je suis le premier !"

"Non, Cadeyrn. Tu es parmi les seconds" retentit une voix grave. Malomedies était un grand et mince sylvari avec des cheveux lisses qui resplendissaient d'une couleur iridescente tels les ailes d'une libellule. Son port altier était celui d'un vieux chêne dont les branches massives restent inflexibles face à la tempête.

"Second ?" dit Cadeyrn en fronçant les sourcils. "Pourquoi suis-je second ? Je me suis éveillé avant les autres !"

"Nous étions là avant."


L'Arbre clair


Il y a environ deux cents cinquante ans, un soldat humain nommé Ronan trouva lors de ses voyages une étrange graine qu'il ramassa pour l'offrir à sa fille lors de son retour chez lui. Malheureusement, le temps qu'il atteigne son village celui-ci avait été détruit, anéanti par le Blanc-Manteau. Ronan planta alors la graine sur les tombes de sa famille.

Il y a vingt-cinq ans, les premiers sylvaris s'éveillèrent. Ces Premiers-nés ne connaissaient que très peu de choses sur le monde car, grâce à l'Arbre clair, ils ne possédaient que les souvenirs de Ronan, du centaure Ventari et de ceux qui l'avait rencontrée lorsqu'elle était jeune. L'arbre leur avait révélé l'existence des tablettes, que Ventari avait laissé derrière lui, sur lesquelles étaient gravées des leçons pleines de sa sagesse. Étant nés en tant qu'individus adultes et non pas enfants, les sylvaris étaient curieux, investigateurs et impatients d'explorer le monde.



Certains parmi les Premiers-nés, comme Caithe ou Faolain, s'éloignèrent loin de l'arbre. D’autres en restèrent près, explorant rapidement puis passant leur temps à étudier et à apprendre. Quatre s'occupèrent de garder l'Arbre clair et de lui tenir compagnie : Aife, Kahedins, Malomedies et Niamh. Un, et un seul, voyagea vers Orr. Pendant quelques années, les Premiers-nés furent les seuls sylvaris de Tyrie. Quand la nouvelle génération fleurit et s'éveilla de l'arbre, elle possédait de nouveaux rêves : des souvenirs des capacités et des émotions que les Premiers-nés avaient découvertes mêlés aux souvenirs propres de l'Arbre clair.

Contrairement à la plupart des races, les sylvaris ont une connaissance intime de leur histoire, l'ayant pour ainsi dire vécue. Ils peuvent nommer le premier sylvari qui succomba : Riannoc, l'un des Premiers-nés. Ils peuvent vous dire qui a été le premier à apprendre à écrire et qui, précisément, développa la méthode pour faire pousser des maisons. Ils racontent leurs histoires et légendes comme s'ils en avaient été témoins eux-mêmes, car beaucoup d'entre eux en ont au moins rêvés.

Le Rêve des Rêves


En substance, le Rêve des Rêves est un vaste recueil subconscient. L'Arbre clair récupère et garde le savoir et les connaissances de sa race comme un lac dans lequel serait versé la somme de l'expérience des sylvaris. Quand un nouveau sylvari nait, c'est comme s'il emportait un seau d'eau de ce lac avec lui : une petite portion du tout. Seulement quelques souvenirs atteignent l'Arbre clair : les plus importants ou ceux qui ont la signification ou l'impact émotionnel les plus grands. Ils peuvent contenir une scène entière de la vie d'un sylvari, comme sa première bataille ou la première fois qu'il a fait cuire une tarte aux pommes. Cela peut également être un seul instant, particulièrement poignant, tel la douleur, la peur ou encore le visage d'un ennemi.

Un sylvari n'a aucun contrôle sur ce qui est collecté par l'Arbre clair. Ils ne peuvent communiquer avec l'arbre de cette façon là ; l'Arbre Mère puisent des centaines de milliers de fragments en ces enfants. De la même manière, un sylvari qui n'est pas encore né ne peut pas choisir les souvenirs qu'il va vivre dans le Rêve. Quand un sylvari s'éveille, la connexion directe avec le Rêve se fragilise. N'étant plus entouré par le Rêve, la connexion avec les autres sylvaris devient plus un lien empathique, capable d'émettre et de recevoir de vives émotions mais sans détail ni communication réelle. Ce n'est rien de plus qu'un subtile bourdonnement.

Ils étaient réunis près de l'Arbre clair, la pluie remplissant ses feuilles bombées et ruisselant lentement vers le sol. Ses racines berçaient le Premier-né qui y reposait, son corps enveloppé dans une couverture noire telle la mousse recouvrant une tombe. Malomedies était seulement endormi, luttant contre d'épuisants cauchemars. De temps en temps, un appel s'échappait de sa bouche et Kahedins l'apaisait en plaçant une compresse humide sur son front dans l'espoir qu'il puisse trouver le repos. Le guérisseur leva les yeux vers les autres, son visage laissant transparaître son inquiétude.

"Survivra-t-il ? Ou alors est-ce qu'il va... mourir ? Comme Riannoc ?" Chacun d'entre eux taisait en lui cette question mais ce fut Niamh qui la prononça à voix haute.

"Mère dit qu'il vivra" murmura Kahedins, mais le réconfort fut bien ténu.

Malomedies avait été très beau, aussi gracieux qu'un saule pleureur près d'un ruisseau. Maintenant son visage portait les taillades signes du mauvais traitement qu'il avait subi, et les branches de ses cheveux, autrefois iridescentes, avaient été cassées et taillées en morceaux brisés, sans aucune couleur. L'une de ses jambes s'était fanée comme si elle n'avait pas vu le soleil depuis longtemps et là où son écorce, semblable à la chair humaine, était toujours fixée aux vignes de son torse, on pouvait apercevoir des centaines de petits trous.

"On doit tous les tuer." Les yeux de Cadeyrn lançaient des éclairs noir et or, sa main enserrant la poignée de son épée.

"Les asuras nous proposent la paix. Ils n'ont pas réalisé qu'il... Ils pensaient qu'il n'était qu'une autre de ces plantes étranges de Maguuma, une mimique d'un être conscient", leur dit Aife. "Quand ils ont réalisé qu'il était réellement conscient, ils nous l'ont rapporté".

"Ce n'est pas assez ! Comment Malomedies pourra-t-il trouver la paix s'il ne se venge pas ?"

Kahedins l'observa d'un regard réprobateur. "Se venger ? La vengeance n'est pas notre voie. N'as-tu jamais étudié les tablettes de Ventari ?" Alors que le second-né baissait la tête de façon belliqueuse, Kehedins le sermonna : "C'est écrit, 'La seule paix durable est la paix de l'âme'. Tu devrais méditer dessus Cadeyrn, et réfléchir sur sa signification."

Cadeyrn jeta un coup d'œil à Trahearne, dont l'expression était aussi noire que la sienne. Aucun soldat ne dirait une chose pareille. Personne ayant levé sa lame pour arrêter l’oppression ou s'étant placé en danger pour défendre des innocents ne dirait que la vengeance est inutile. Si Faolain et Caithe avaient été ici, elles auraient pris son parti, il en était certain.

Soudainement, Trahearne leva la tête vers la frondaison. "Oui, Mère" répondit-il à un murmure qu'il était le seul à pouvoir entendre. Attristé, le nécromant desserra ses poings. "L'Arbre clair dit que nous devons nous concentrer sur notre véritable ennemi : les dragons. Toute alliance possible est nécessaire." Serrant les dents, Trahearne continua " Nous ferons la paix avec les asuras."

Cadeyrn n'était pas sûr de savoir ce qui était le plus troublant, que Trahearne ait abandonné ou que l'Arbre clair n'est parlé qu'au Premier-né. Faisant de même que les autres, il inclina la tête "Il en sera fait selon la volonté de Mère."


Les Cycles


Les sylvaris pensent que la période de la journée où l'on nait détermine la personnalité d'une personne, ses intérêts et ses talents particuliers. Ils y accordent une grande attention et chacun de ces quatre cycles – l'Aube, le Jour, le Crépuscule et la Nuit – est guidé par un Premier-né. Ces quatre Premiers-nés, appelés les Sommités, ont tendance à être les plus impliqués dans la gouvernance de la race des sylvaris. Ils travaillent ensemble pour apporter de nouvelles connaissances dans le Bosquet, pour protéger l'Arbre clair et pour établir des relations politiques avec les autres races de la Tyrie. Bien que les autres premiers-nés soient considérés comme de sages mentors et possèdent également une certaine autorité, les Sommités remplissent les tâches essentielles pour subvenir aux besoins de la société et conduisent les sylvaris comme un tout.



Le Cycle de l'Aube


Les sylvaris nés durant le Cycle de l'Aube, de minuit à 6 heures du matin, sont des parleurs nés et des planificateurs. Ils sont les diplomates de la race des sylvaris, et ont tendance à être sociables et sympathiques. Leur Sommité est l'intelligente Aife, dont l'aisance avec les mots n'a d'égale que son exceptionnelle vivacité quand il s'agit de viser avec un arc. C'est une diplomate et elle a voyagé au nom de son peuple dans chaque grande ville de la Tyrie. Les sylvaris, qui souhaiteraient découvrir le monde, feraient bien de discuter avec elle et acquérir sa sagesse, avant de commencer leur voyage.

Le Cycle du Jour


Le Cycle du Jour s'étend de 6 heures du matin à midi, pendant l'élévation flamboyante du soleil. Dans l'ensemble, ces sylvaris préfèrent l'action aux mots et sont de talentueux combattants, peu importe la façon dont ils choisissent de combattre. Ils aiment expérimenter les choses, attaquer les problèmes de front et se ruer dans les combats. Niamh, leur Sommité, est une guerrière intrépide et expérimentée qui a participé à de nombreuses batailles. Elle dirige une compagnie de sylvaris nommée les Gardiens, qui sont les gardes et les protecteurs du Bosquet.

Le Cycle du Crépuscule


Les sylvaris qui sont nés entre midi et 18 heures sont membres du Cycle du Crépuscule. Ils sont intelligents, philosophiques et réservés. Ces sylvaris adorent les énigmes et les puzzles, et préfèrent passer leur temps à étudier plutôt que de s'investir dans des tâches physiques. Dans leur jardin, vous pourrez croiser la Sommité Kahedins, dont l'âme charitable et les mots attentionnés ont souvent mis du baume à l'âme de sylvaris soucieux. Sa première tâche est d'aider les sylvaris nouveau-nés à comprendre ce qu'ils ont vu lorsqu'ils étaient dans le Rêve des Rêves. Ces derniers temps, il étudie les langages écrits de la Tyrie et plus particulièrement la possibilité que les sylvaris aient développé leur propre système d'écriture.

Le Cycle de la Nuit


Enfin, les sylvaris nés de 18 heures à minuit appartiennent au Cycle de la Nuit. Bon nombre de ces sylvaris sont enclins à devenir solitaires, préférant voyager seuls. Ils sont souvent secrets, réservés et silencieux. La Sommité du Cycle de la Nuit est l'astronome Malomedies, à qui les sylvaris doivent la cartographie des cieux et les mathématiques. Il fût aussi le premier à rencontrer les asuras, une histoire amère dont il parle rarement. Bien que Malomedies soit le plus solitaire des Sommités, ceux qui se sont réveillés lors de son cycle parlent de lui comme un mentor sévère mais juste.

En dépit des signes d'un anéantissement passé, les ruines endormies semblaient vivre d'une manière ou d'une autre ; le va et vient des vagues sur les falaises enflait et diminuait tel le souffle d'un dormeur. Cadeyrn admira ce passage situé entre les murs inclinés et les arches fragmentées de ce qui avait sûrement dû être une chapelle. Il avait vu une lueur à l'endroit où un autel reposait autrefois. Plus prononcée là où l'ombre s'arrêtait.

"Es-tu préparé ?" murmura doucement Niamh derrière lui, ses cheveux virevoltant dans la brise glacée tels une fronde. Elle sortit son épée et inspecta sa lame, la trouvant tranchante. Enthousiaste, ses yeux de couleur argentée croisèrent le sombre regard doré de Cadeyrn."C'est le moment de frapper." Deux autres sylvaris, encore plus jeunes que Cadeyrn, patientaient avec elle, tous deux, comme leurs aînés présents, membres du Cycle du Jour.

Cadeyrn avança à partir du petit rebord sur lequel il était accroupi. "Ils savent que nous venons. Nous devons avancer avec prudence."

Ensemble, ils se glissèrent plus bas vers la plage, à l'intérieur des ruines, et ils y trouvèrent leurs proies. L'épée de Cadeyrn trancha un krait en deux, d'un seul coup. Il retourna avec adresse l'arme dans son dos, bloquant la griffe d'une autre créature avant d'entamer un mouvement sec vers le bas pour trancher la main tendue vers lui. Les yeux impassibles d'une sorcière krait s'élargirent alors qu'elle tissait une toile magique de massacre, et deux des sylvaris succombèrent dans ses flammes. Cadeyrn sauta violemment dans sa direction, sa lame transperçant la krait et déchirant sa chair.

Il ne laissa rien dernière lui, si ce n'est des écailles et des cris.

Les kraits morts, Niamh et Cadeyrn se tenaient au centre de la chapelle en ruine, du sang sur leurs lames et un sourire féroce illuminant leur visage. Un son attira l'attention de Cadeyrn et il leva une main pour demander le silence, se glissant vers l'endroit où il avait vu quelque chose bouger en surplomb.

Cadeyrn poussa l'autel sur le côté et le son devint plus fort. Sous la pierre se dissimulait une caverne, inondée depuis longtemps par l'avancée de la mer. Là, dans la caverne sous-marine située sous les ruines, des kraits se dissimulaient dans la clandestinité, s’accommodant parfaitement des eaux glacées. Mais ceux-ci n'étaient pas des soldats. C'était un couvoir, rempli d'œufs de kraits et de jeunes terrifiés.

Il souleva sa lame pour continuer l'extermination.

"Cadeyrn !" dit brusquement Niamh.

Cadeyrn s'arrêta, regardant la dirigeante de son cycle d'un air confus.

"Laisse-les."

"Mais... ce sont des kraits."

"Ce sont des enfants."

"Enfants" répéta-t-il en fronçant les sourcils, entendant un mot qui avait peu de sens. "Vous voulez dire 'Ils sont petits', mais ce sont des kraits. Ils vont grandir et devenir des kraits plus grands et ensuite nous les tuerons. Pourquoi ne pas les tuer maintenant, tant que cela est facile et qu'ils sont sans défense ? Cela semble être le choix le plus sage. Sinon, nous risquons de perdre davantage de sylvaris lorsqu'ils auront fini de grandir."

"Nous devons prendre ce risque, pour leur donner la chance de changer leur destin", dit la première-née. "Chaque chose a le droit de grandir. La fleur est la sœur de la mauvaise herbe." Sobrement, elle rangea son épée et repoussa l'autel à sa place initiale. Sous ce dernier, Cadeyrn put entendre les bousculades des serpents, créant des éclaboussures au loin dans les vagues de l'océan.

"De nouveau, la Première-née cite la Tablette alors que je lui demande de la logique" grogna-t-il en aparté. "Je ne suis pas d'accord."


Biologie


La biologie des sylvaris est très différente de celle des autres races. Ils n'ont pas d'organe interne mais ils sont formés de matière végétale en croissance, de sève pour le sang, et de feuilles et d'écorce pour la peau. Par exemple, une mâchoire peut être formée de feuilles, de vignes ou encore de fragments d'écorce poussant et faisant pression ensemble pour former une silhouette, mais si vous regardez attentivement, vous pouvez quand même apercevoir les fibres et les trous de la structure. A la place des os, un bras est une masse de tiges étroitement tissées et de feuilles travaillant de concert pour fonctionner comme un membre.

De nombreux érudits font des hypothèses sur le pourquoi de l'apparence des sylvaris et de leur ressemblance avec les humains plutôt qu'à des formes monstrueuses, telles que celles d'autres races de type "végétales". Certains disent que l'Arbre clair a vu surtout des humains durant sa jeunesse. Des individus tel que Ronan, qui a planté la graine, et d'autres autour de l'Arbre clair, qui ont joué le rôle de modèles physiques pour ses enfants finaux. Un asura populaire a théorisé sur le fait que l'Arbre clair fut planté sur la tombe de la fille de Ronan, ainsi que sur les ruines de son village, et que cette "masse immatérielle" fut absorbée dans le sol. L'Arbre clair s'est nourri de ce sol et c'est pour cela que les sylvaris sont prédisposés à être formés sur un modèle humanoïde.



Les sylvaris dorment, et ils peuvent aussi bien manger de la viande que des légumes. Ils boivent, tout comme les autres races, et peuvent être éméchés à cause de boissons alcoolisées. Rester sous le soleil leur procure du plaisir – et ce dernier les revigore, mais ils ne peuvent s'en contenter comme les plantes le font. Leur sang est de la sève gluante et, bien qu'ils puissent saigner, ils n'ont pas de pression sanguine ou de pouls.

Personne ne sait combien de temps un sylvari peut vivre. Les plus âgés de leur race sont les premiers-nés, et ces derniers se sont réveillés il y a à peine vingt-cinq ans. Les sylvaris montrent de petits signes de vieillesse, et aucun n'est encore décédé de mort naturelle, à un âge avancé. Physiquement, les sylvaris sont des mâles ou des femelles, et la biologie externe correspondante est conforme pour les deux, mais ils ne peuvent pas se reproduire sexuellement comme les autres races peuvent le faire ; ils n'ont pas d'organe interne capable de créer des enfants. Quoi qu'il en soit, s'il existe des méthodes de reproduction indépendantes de l'Arbre clair, elles n'ont pas encore été vues.

Les sylvaris font pousser leurs armures et bon nombre de leurs vêtements. Leurs corps créent des revêtements de pétales, de végétaux et de feuilles qui prennent la forme de vêtements agréables. Lorsqu'ils veulent retirer des vêtements, ils perdent simplement leurs habits de pétales comme un humain qui voudrait se couper les cheveux. Certains sylvaris portent des vêtements conçus par les autres races ou tissent des vêtements de manière plus traditionnelle, sans préférence apparente. Comme il est de coutume, ils se couvrent tout comme les humains peuvent le faire, dissimulant certaines parties de leur anatomie où cela semble être culturellement approprié.

Cadeyrn se dressa sur une branche au centre du Bosquet, écoutant le calme de la nuit. Les criquets pépiaient ça et là, et les oiseaux nocturnes poussaient des cris isolés, s'appelant les uns les autres, au moment même où il appelait quelque chose de plus grand que lui.

"Mère", murmura Cadeyrn, élevant ses mains en une douce supplication. "J'ai besoin de vous."

Le vent s'apaisa, calmant les feuilles au sommet de l'Arbre clair, et Cadeyrn ressentit sa présence. Doucement, la mère murmura : "Mon enfant, que cherches-tu ?"

"La sagesse." Les larmes aux yeux, il les essuya grossièrement d'un revers de main. "Je vois le mal dans ce monde ; je suis appelé à le combattre, mais les leçons de la tablette sont comme un carcan. Elles m'empêchent de faire ce qui est bien. Nous déposons les armes au moment où nous devrions aller combattre. Nous nous détournons de la vengeance lorsque nous avons tort, même si nos esprits la réclament. Nous ne prenons pas ce que nous convoitons, ne tuons pas selon nos désirs, ou n'utilisons pas la force pour contraindre le monde à nous écouter ! Ces choses sont inhérentes à nous depuis que nous nous sommes éveillés. Pourquoi devons-nous refouler ces pulsions ? Pourquoi ne pouvons-nous pas suivre notre instinct ? Cette tablette répond toujours de nos actions. Pourquoi ne pouvons-nous pas faire ce que nous voulons ?"

L'Arbre clair émit un doux bruissement. "Le chemin le plus efficace n'est pas toujours le meilleur, jeune arbre. Tout comme le Premier-né l'a fait, tu dois t'efforcer d'être bon."

Les mots le piquèrent au vif. "Qui a défini le 'bien' ? Vous ? Ventari ? Un quelconque humain mort?" riposta Cadeyrn. "Les Premier-nés ne sont pas parfaits."

L'Arbre clair marqua une pause et, pendant un moment, Cadeyrn pensa qu'elle ne répondrait pas. La brume se leva sur le petit ruisseau avoisinant avant qu'elle ne parle à nouveau.

"Feriez-vous le mal en mon nom ?" bruissa l'Arbre clair. "Provoqueriez-vous la désolation comme les charrs ? Ou justifieriez-vous la cruauté au nom de la connaissance comme les asuras ? Non, Cadeyrn. Nous sommes venus dans ce monde pour détruire les dragons. Nous ne devons pas nous perdre nous-mêmes dans ce défi."

"Ne sommes-nous pas déjà perdus, Mère ? Nous ne sommes ni des centaures, ni des humains. Laissez-moi détruire la tablette, et nous verrons ce que signifie réellement être sylvari." Il n'y eut pas de réponse. Comme l'aube pointait et immergeait d'or la clairière, Cadeyrn réalisa que l'arbre n'en dirait pas davantage.

"Elle ne t'écoutera pas." La paisible voix était féminine, mais ce n'était pas l'arbre qui parlait. Faisant volte-face, Cadeyrn s'apprêta à se battre mais se figea lorsqu'il vit Caithe, froide et calme, se tenant dans ce qui restait de l'obscurité nocturne. "Elle ne t'écoutera pas" répéta Caithe.

"Je suis le premier de ma génération", commença-t-il en élevant la voix comme pour se défendre.

Caithe haussa les épaules et le coupa. "Pourquoi devrait-elle s'en soucier ? Elle a des milliers d'enfants maintenant, Cadeyrn. Soit tu es un Premier-né... soit simplement un sylvari."

Les traits de Cadeyrn se crispèrent. "Je ne serai jamais simplement un sylvari parmi d'autres, Caithe. Pas même pour l'Arbre clair" jura-t-il dans un accès de colère en s'éloignant. "Je ferai en sorte que vous m'écoutiez, Mère, que vous le vouliez ou non. Quand j'en aurai terminé et que vous serez enfin libre, alors je serai le seul à compter pour vous !"

Caithe s'attarda en silence et le regarda s'en aller.


La Cour des cauchemars


"Un vrai sylvari devrait avoir deux cœurs : un, tendre et malléable comme de la cire chaude, et l'autre, aussi dur et impénétrable qu'un diamant gelé. Le premier, il devrait l'afficher à ses compagnons, le second, à ses ennemis. Malheur à celui dont les deux cœurs n'en sont plus qu'un seul."
— Dagonet


Le Cour des cauchemars regroupe les sylvaris qui ont embrassé les côtés les plus sombres de leur nature, savourant un cauchemar terrifiant qui contient autant d'horreurs que le Rêve détient d'inspiration. Leurs sombres veilleurs relèvent de la légende et ne sont que dépravation, courtoisie pervertie et sadisme qui pervertissent la chevalerie sylvari. Leur plus grande ambition : faire sombrer l'Arbre clair dans le cauchemar.

Ces sylvaris rejettent les enseignements de la tablette de Ventari et affirment que l'influence des autres races pervertit la vrai nature de l'Arbre clair et des sylvaris. Ils recherchent l'ombre dans le Rêve, se détournent de ce qu'ils considèrent comme de la fausse moralité et explorent le côté sombre de leur personnalité. Froids, cruels et sans pitié, ils se voient comme de vrais sylvaris, purifiés de l'influence de Ronan, de Ventari et des leçons de la tablette. Ils considèrent comme noble l'objectif qu'ils ont d'attirer les autres de leur race loin de ce comportement contraint pour les amener dans les ténèbres.



Avec chaque acte de cruauté et de malfaisance, ils ajoutent plus de cauchemars dans l'arbre et espèrent, un jour, modifier l'équilibre, amenant la Mère à rejoindre leur côté. Bien sûr, comme l'arbre rassemble les émotions et les souvenirs, elle absorbe aussi bien ceux de la Cour des cauchemars que ceux des frères les plus gentils, et son réservoir de souvenirs se remplit à la fois de sombres et lumineuses pensées. La Cour des cauchemars croit que, si elle peut propager plus d'émotions sombres, le réservoir sera de plus en plus affecté par le cauchemar, et les nouveaux sylvaris se détacheront de la morale imposée par Ventari et ses partisans.

Afin d'atteindre cet objectif, la Cour de cauchemars commet des actes malveillants aussi bien envers les sylvaris qu'à l'encontre de ceux qui n'en sont pas. Quand leurs propres émotions deviennent trop faibles pour être rassemblées dans l'arbre, ils s'attachent à faire du mal et à tourmenter les autres sylvaris pour leur donner des souvenirs, d'horribles émotions et d'autres traumatismes dans l'espoir que ces souvenirs soient assez intenses pour être collectés. Plus leurs crimes sont affreux, plus il est probable que l'Arbre clair conserve les souvenirs dans son bassin d'émotions, transmettant ces inclinations à sa prochaine descendance.

Les titres de la Cour


Quand des sylvaris rejoignent la Cour des cauchemars, ils sont initiés à un rituel cérémonieux dont le but est d'éveiller le cauchemar au sein de leur esprit. Ils passent du temps comme courtisan, apprenant les préceptes de la Cour des cauchemars, agissant comme des serviteurs auprès des membres de rang supérieur, et étudiant les moyens de se défaire de l'influence de la tablette. Ils peuvent choisir de servir sous l'autorité d'un membre plus âgé de la Cour, devenant alors un écuyer ou un apprenti. Une fois qu'ils ont appris à répandre le cauchemar sans l'aide des autres, ils deviennent des chevaliers.

C'est un devoir de chevalier de répandre la terreur et le désespoir au nom de la Cour des cauchemars, en créant des expériences et souvenirs traumatisants qu'ils espèrent pouvoir introduire dans l'Arbre clair pour l'aider à se détourner – elle et ses enfants endormis – des leçons de la tablette de Ventari. Pour accroître encore plus la terreur qu'ils veulent inspirer, ils prennent souvent un titre et sont appelés ainsi durant le laps de temps où ils sont chevaliers à la cour. De tels titres incluent Chevalier de la Décadence, Chevalier des Lames, Chevalier des Mensonges, ou encore Chevalier de l’Étoile Brisée. Les rangs les plus élevés à la Cour des cauchemars sont ceux des membres du Cortège. Les chevaliers qui ont bien accompli leur devoir sont promus au sein du Cortège par la Grande Duchesse Faolain, qui les récompensent avec un rang et un poste. Que ce soient les barons, les comtes, les comtesses, les ducs ou les duchesses, tous ont des responsabilités et inspirent un profond respect au sein de la hiérarchie de la cour. Certains chevaliers choisissent de conserver le titre qu'ils avaient inventé eux-mêmes, devenant Comte des Lames ou Comtesse de la Neige Gelée.



Tous ces titres sont choisis pour promouvoir la légende et le mythe de la Cour des cauchemars. Les membres choisissent de s'associer à des choses malveillantes, afin même que l'évocation de leur nom puisse faire réagir les autres sylvaris. Ils préfèrent laisser leurs victimes en vie – si ce sont des sylvaris – pour répandre davantage des histoires de terreur, afin que leur emprise sur le Rêve augmente. Finalement, la plupart des courtisans des cauchemars croient que leurs actions sont justifiées. Comme Cadeyrn, leur fondateur, ils cherchent à libérer l'Arbre Mère des tablettes et des leçons imposées par les ombres du passé.

La Mère pleure ses enfants égarés, sachant qu'ils ne pourront jamais se détourner du mal qu'ils ont choisi. Dès que de nouveaux sylvaris apparaissent dans le monde, elle leur rappelle qu'il faut persister sur le chemin héroïque de l'honneur, du courage, de la chevalerie et de la compassion, même dans leur lutte pour la victoire sur les Dragons Ancestraux. Les sylvaris ne se battent pas réellement pour leurs propres âmes, mais pour l'esprit de la Tyrie elle-même. Alors que cette bataille s'annonce rude, l'Arbre clair ne craint pas la difficulté.

La dureté du sol rend les racines plus fortes.

" ... nous pénétrons dans le cauchemar. Nous nous tournons vers le côté le plus sombre de nos esprits. La main cupide, le cœur menteur, le couteau qui trahit un ami : nous réclamons ces choses et nous voyons leur puissance. Que sommes-nous, finalement, si ce n'est des créatures de pouvoir ? Il faudra de la force pour vaincre les dragons, et la force ne viendra pas si nous délaissons les armes, peu importe combien elles sont vicieuses ou cruelles. Nous les utiliserons toutes." Cadeyrn s'affala sur son trône de manière impudente et fière. Une couronne de vigne dorée scintillait sur son front alors que les courtisans s'inclinaient et chuchotaient devant lui, pendus à ses lèvres, leurs yeux aussi ténébreux que l'espace entre les étoiles.

"Nous, les sylvaris, sommes le futur. Notre temps est venu. Nous devons abandonner les craintes de l'éveil. Délaisser la pierre qui pèse sur nous. Nous sommes nés pour être plus que cela. Nous sommes nés avec une obscurité dans notre Rêve et notre cœur, obscurité que nous pourrions embrasser... si seulement la Mère n'avait pas si peur de la nuit. Il est temps de lui montrer que ses enfants sont bien plus que ce qu'elle a pu rêver qu'ils puissent être."

"Pour que les sylvaris survivent, nous devons tirer nos enseignements de l'épine empoisonnée et de l'urticante ortie, de la plante grimpante qui étouffe le très jeune arbre l'amenant à la lumière. Nous élèverons le cauchemar. Nous verrons la Tyrie refaite à notre image."

"Nous nous développerons jusqu'à ce que le cauchemar absorbe le monde."




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